Zangdok Palri News No 31 September 2017 (in French)

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Sambhota Primary School – Orphanage
No 31 – September 2017

 

 

Chers parrains et marraines, chers sponsors,

 

cette newsletter est un peu particulière, avec ce petit mot pour vous informer que l’école-orphelinat se trouve aujourd’hui devant des difficultés inattendues. En effet, son administrateur, avec qui nous entretenons une relation de confiance depuis les 15 ans d’existence de l’école, se trouve confronté, lui et sa famille, à une malveillance telle qu’il lui est impossible de continuer la gestion et que nous ne pouvons plus garantir la sécurité de l’école.

 

C’est avec une grande tristesse que nous avons donc été contraints de suspendre les activités de l’école-orphelinat, en attendant que la situation se normalise à nouveau.

 

Des solutions ont été trouvées pour la prise en charge de tous les enfants qui sont retournés dans leur famille ou qui ont été accueillis par des proches. Il va de soi que nous nous tenons prêts à apporter de l’aide lorsque cela s’avère nécessaire.

 

Nous vous prions donc de bien vouloir ne plus nous adresser de dons destinés à soutenir l’école Sambhota; nous ne manquerons bien sûr pas de vous informer de l’évolution de la situation, et du moment où nous pourrons reprendre notre activité normalement.

 

Ces obstacles momentanés ne remettent évidemment pas en cause la raison d’être de notre association et ne nous empêchent pas de poursuivre notre soutien à l’Institut Zangdok Palri.

 

A tous, un immense merci pour nous avoir lus, soutenus et encouragés pendant tant d’années et de nous avoir permis de construire ce projet ensemble!

Merci au nom des enfants de Dzogchen!

Bien à vous,
 
 

l’équipe de Zangdok Palri

 

 

Carnet de route avec les enfants de la vallée de Dzogchen:

Les jeux d’enfants

Encore une fois, nous vous proposons de partager le quotidien des enfants de l’école de Dzogchen, à travers le regard et les notes de Clotilde lors de son voyage au Tibet en 2016…

 

Après la pause du déjeuner, les enfants jouent avec leurs enseignants. Il s’agit la plupart du temps de jeux collectifs. Très souvent, ils font des grandes rondes et dansent ensemble en chantant. La danse et le chant sont très communs au Tibet, là aussi comme cela était d’usage dans nos campagnes autrefois.

 

Néanmoins, même sans télévision, peut-être via la percée progressive de l’internet, un sport pas très autochtone commence à se faire une place: le foot! Nos enfants se lancent donc assez souvent dans des parties énergiques, tous âges et genres confondus.

 

Avec notre visite, cela a donné naissance à quelques matchs de foot mémorables et occasionné bien des fou-rires!

 

Quant aux équipes, il était vraiment surprenant de constater que leur composition se modifiait continuellement au gré des entrées de nouveaux joueurs tibétains, des sorties de ceux qui partaient sans prévenir… Pas de concertations, ni d’équipes fixes, juste un sens commun de la nécessité d’opposer des équipes de niveau équilibré pour pouvoir s’amuser. Il n’était donc pas rare de voir quelqu’un changer de côté en plein match, et de nous retrouver opposés après quelques minutes à quelqu’un que nous avions cru pouvoir identifier comme un partenaire fiable!

 

Bien sûr lors d’une telle partie endiablée, les plus petits avaient plus de difficultés à toucher le ballon. Mais ils n’étaient pas tristes pour autant; certains continuaient à courir après la balle, d’autres se détournaient et faisaient autre chose sans éprouver aucune frustration…

 

Du point de vue de la pédagogie tibétaine, les échecs font partie de l’apprentissage. Ils sont plutôt perçus comme renseignant fidèlement sur le niveau obtenu et les améliorations à apporter (comme patienter avant d’être grand à son tour!!!). En Occident, nous aurions plutôt tendance à donner la balle aux plus petits afin de les « inclure ». Ici non. La place est laissée à la réalité, sans apitoiement, sans chercher ni à manipuler ni à changer le cours naturel des événements. Si un enfant est triste, on lui change les idées plutôt que de le gronder ou de lui faire la morale. Ainsi, pour un enfant triste, sur le côté, discrètement, une petite balle de mousse surgit d’une poche. Ainsi, l’enfant peut corriger son attitude de lui-même. On lui montre une solution.

 

En règle générale, on enseigne beaucoup au Tibet par l’exemple et l’expérience; très peu est imposé. D’ailleurs, la leçon de vie, ou de discipline, si elle vient, viendra plus tard, de manière collective, lors d’un moment plus neutre, où chacun pourra puiser ce qu’il est prêt à utiliser.

 

En revanche, lorsque le comportement d’un enfant va à l’encontre du bien commun, il peut alors arriver qu’il soit très vigoureusement recadré; on ne badine pas avec le respect d’autrui!

 

Un très grand merci

  • au Comité d’Actions sans Frontières des Écoles Européennes de Luxembourg qui a sponsorisé généreusement l’achat des vêtements pour tous les élèves
  • et bien sûr à tous nos donateurs, parrains et marraines, qui depuis tant d’années ont fait vivre ce projet!